Je m'appelle Susanne. J'ai 19 ans depuis quelques jours, actuellement je suis dans ma voiture et je roule vite, même très vite peut-être trop vite sur cette petite route de campagne qui ne doit être emprunté qu'une fois par mois. Ce qu'il m'est arrivé? C'est décidé je n'en parlerai à personne. Je quitte tout, je n'ai plus de famille et des ami(e)s on peut s'en faire partout. Je vais changer de ville, d'identité, bien sûr je sais que tout ça est purement dans ma tête, que j'échouerai et que je finirais par revenir mais pour le moment j'aime à croire ou plutôt je VEUX croire que je peux fuir cette réalité.
Une voiture se retrouve sur ma route, ou moi sur la sienne, je ne sais pas vraiment, je freine mais ne parviens pas a l'évité, ce n'est pas mon jour, ni mon jour de chance. Ma tête heurte le volant, mes mains lâchent et s'éclatent contre la vitre et le tableau de bord. Je suis attaché ça m'aidera peut-être à survivre. Je me sens partir tout est froid autour de moi et moi aussi. C'est sans doute mieux ainsi, je devais mourir aujourd'hui. Aujourd'hui n'était pas destiné à me faire me sentir bien, aujourd'hui n'était pas destiné à ma survie.
Il fait nuit noire, pourtant dans tout les mythes et légendes, une lumière blanche devrait me guider, donc si je suis bien morte et que je suis dans ce couloir, on m'a oublié parce que je ne vois pas le comité d'accueil. Ni rien d'autre d'ailleurs. Ah si, je n'ai mal nul-part comme c'est dit dans les contes. Toutes les douleurs après la mort disparaissent, et vu le choc, je suis forcément morte pour ne rien ressentir. Quelqu'un toque à ma porte de voiture, ma PORTE? Mais pourquoi je suis encore dans ma voiture?
En effet, en habituant mes yeux au noir, je commence à distinguer les formes environnantes. Je suis toujours assise dans la voiture et il fait nuit, car le soleil c'est couché. Un nuage s'éclipse et laisse apparaître une lune majestueuse. C'est un homme qui a toqué à ma porte, et miracle je suis vivante et je ne ressens aucune douleur, c'est peut être les endorphines mais je doute de plus en plus. L'homme debout devant ma voiture, attend toujours que je bouge, mais ici, seule dans le noir, je n'ai pas tellement envie. Il se rapproche pour mieux me voir, je dois avouer qu'il est magnifique, mais ce n'est pas parce qu'il est beau qu'il est honnête. Mais quelque chose en lui, me rend calme, apaisée pour la première fois depuis ce matin.
Et pourtant vu la situation, je devrais être sous l'emprise de la panique, il me scrute toujours, attendant un mouvement de ma part. Je décide de lui ouvrir la porte, pour pouvoir lui parler. J'ouvre difficilement la porte qui est complètement encastré dans l'intérieur de la voiture. J'en profite pour exposer mes bras à la lueur de la lune mais rien, pas une égratignure. Comment se fait-il? Il y a une chose que je ne comprend pas mais alors pas du tout.
Et ce jeune homme, mystérieux dans son regard, et pourtant il a un visage si angélique... qu'il en paraît irréel. J'ai l'impression de l'avoir déjà vu et son visage me rappelle comme de vieux souvenirs. Moi qui voulait oublier mon passé, je pourrais faire l'amnésique! Plus de contraintes, de souvenirs désagréables, et de mensonges aux gens que j'aime. Le plan parfait. Il fallait jouer parfaitement ce rôle qui durerait un bon moment. Il m'adresse la parole, doucement, sereinement comme si un mot trop rauque pouvait me briser. Sa voix si douce ne m'était pas inconnue, ça j'en étais sûre. Je voulais répondre à sa question, lui dire que tout aller pour le mieux, le rassurer mais moi-même je savais que ça n'allait pas et il ne fallait pas oublier mon amnésie. Amnésie oubliée, quelle oxymore!
Ma première phrase donnerait le ton pour ma vie à venir, un mensonge ou la vérité? Mon choix se dessina rapidement. Je feins un regard un peu perdu et demanda d'une voix la plus calme possible
- Bonjour *regarde le ciel* euh... non bonsoir, excusez-moi mais où sommes-nous et qui êtes-vous?
Le visage angélique afficha un air terrifié, ça avait marché. Mon plan fonctionnait à merveille. Il reprit ses esprits et me tendit la main, en disant
- Johannes, Jo Halbig.